Mon Salon du Livre 2013 : France-Allemagne, Internet et blogs

La grande fête du livre vient de se terminer et les amoureux du livre étaient nombreux à visiter le Salon du Livre ce week-end. J’en faisais partie dimanche et il était difficile de se frayer un chemin dans les allées, ce qui est plutôt bon signe. Cette année, je me suis concentrée sur deux thématiques qui me tiennent à cœur : l’Allemagne et le pouvoir des lecteurs face à l’essor de l’Internet et des blogs (grand sujet lorsque l’on tient un blog).

Commençons par l’Allemagne. J’ai eu la chance d’écouter Heinz Wismann, philologue et philosophe, lors d’une conférence intitulée « France-Allemagne. Une communauté de destin. Eine Schicksalsgemeinschaft ». L’objet principal de cette conférence n’était pas le fameux « couple Franco-Allemand » politique ou économique mais les cultures de nos deux pays et principalement les langues.

Les études d’Heinz Wismann portent sur l’hérméneutique, théorie de la lecture, de l’explication et de l’interprétation des textes. Bilingue Français-Allemand, il est surtout incollable sur les différences d’interprétation de nos deux langues. Né à Berlin en 1935, il ne pense pas en tant qu’Allemand et prône « l’identité réflexive », bien différente de la double appartenance. Lorsqu’il entend tel ou tel mot en français, il ne cherche pas l’équivalent allemand qui n’existe parfois pas, sa réflexion porte alors sur le sens du mot dans un contexte culturel propre à la langue et au pays.

Heinz_Wismann_-_Salon_du_livre_de_Paris_-_24_mars_2013

Lors de la conférence, ses propos et anecdotes faisaient souvent référence à Madame de Staël, auteur du livre De l’Allemagne que je suis actuellement en train de lire. Le thème de la conversation revient très souvent dans ce livre et a été abordé par Wismann. Le Français est fréquemment qualifié de « beaux-parleurs », caractéristique associée aux langues latines, tandis que l’Allemand est vu comme un individu froid. Cela est probablement dû au pouvoir de la conversation, historiquement très fort en France où les discussions vont bon train, chacun interrompant l’autre en apportant son point de vue. Sur ce sujet, Wismann et Madame de Staël attribuent cette différence à la construction de la langue allemande, entre autres. Un français démarre une phrase par le sujet et continue en y apportant son point de vue, ouvrant ainsi la discussion et le débat, tandis qu’en Allemand, il faut attendre la fin de la phrase pour savoir de quoi il est question. Impossible donc d’interrompre son interlocuteur, peut-être la raison pour laquelle les discussions entre Allemands sont calmes, posées et basées sur l’écoute.

J’ai été très impressionnée par le savoir d’Heinz Wismann et surtout sa capacité à élucider les petits mystères qui entourent le couple franco-allemand d’un point de vue culturel sans porter de jugements hâtifs et sans préjugés. Son livre, Penser entre les langues, s’ajoute naturellement à ma liste de livres à lire.

La deuxième conférence que j’ai suivie me touche de près puisqu’elle s’intitulait « Internet : le lecteur devient-il un prescripteur convoité… et redouté ? ». L’essor des blogs et des réseaux sociaux donne un pouvoir tout à fait différent au lecteur et au consommateur en général. Nous avons tous la possibilité de donner notre avis sur tout et de manière très rapide, poussant parfois les auteurs et le monde de l’édition à craindre la critique. Selon moi, rien de nouveau si ce n’est que ces avis sont maintenant diffusés très largement et à tous les publics. La critique et le bouche à oreilles existent depuis toujours, les outils sont simplement différents. Je n’ai malheureusement pas pu suivre la conférence jusqu’au bout, mais j’ai tout de même eu le temps d’écouter Sophie Adriansen, du blog Sophielit, et Mohammed Aïssaoui, critique au Figaro, avec qui je partage le point de vue sur la complémentarité des blogueurs et des journalistes critiques.

Le blogueur est avant tout un consommateur passionné dont les seuls objectifs sont le partage et l’échange, tandis que critique littéraire est un métier à part entière. Chacun peut se nourrir de l’autre avec des objectifs complètement différents.

Du côté des auteurs, il est évident que la critique peut être dure à entendre, c’est un exercice que tout être humain redoute. Comme les marques, les auteurs ne peuvent plus nier l’importance d’Internet et doivent le considérer comme une mine d’informations et un espace de partage qui les fera grandir. Il est agréable de lire une bonne critique, difficile de lire une mauvaise critique, mais le sentiment le plus horrible est, je pense, l’indifférence.

Un compte-rendu complet de la conférence est en ligne sur le site ActuaLitté.

J’aurais aimé passer plus de temps sur le salon car, en tant qu’accro aux livres, quelques heures ne suffisent pas pour faire le tour de tous les stands, feuilleter les beaux livres et découvrir de nouveaux titres et auteurs. Le Salon du Livre 2013 a encore une fois prouvé que la littérature est un monde riche qui nous apportent chaque jour son lot de surprises. Je suis sortie convaincue que ma bibliothèque ne sera jamais suffisamment grande… et c’est pour cela que j’aime le monde des livres !

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