Orgueil et préjugés, le classique indispensable

Dévoré en une semaine, Orgueil et préjugés de Jane Austen fait une entrée remarquable dans la liste de mes livres favoris. J’ai même quelques difficultés à quitter l’univers de la petite gentry, la bonne société anglaise des XVIIIe et XIXe siècles, tellement j’aurais aimé que ce plaisir dure encore et encore. Mais voilà, lorsque je suis captivée par un livre, il m’est impossible de résister à la tentation et mon temps de lecture quotidien peut alors monter jusqu’à 2 à 3 heures, et encore plus le week-end.

Jane Austen, présentée comme « la plus grande écrivain femme que nous ayons » par Virginia Woolf (et sûrement d’autres) mérite probablement ce statut. Je dis bien « probablement » car il est difficile de l’affirmer quand on ne connaît pas parfaitement la littérature « féminine » anglaise. Dans tous les cas, je ne pense pas prendre trop de risques en affirmant que ce livre est un classique que tout lecteur doit avoir lu au moins une fois dans sa vie. Les personnages de Jane Austen, Elizabeth Bennet, ses soeurs, sa mère, son père, Mr Bingley, le célèbre Mr Darcy, entre autres, sont aujourd’hui des noms qui résonnent dans ma tête et laissent un agréable souvenir de la semaine que je viens de passer en leur compagnie.

Jane Austen Orgueil et préjugés

Le style d’écriture est tout d’abord admirable. Jane Austen a ce don incroyable de dénoncer, avec humour et finesse, les ambitions d’une société, des femmes surtout, qui ne tournent qu’autour du mariage, des « qu’en dira-t-on » et de l’argent, au détriment du bon sens et de l’intelligence. Orgueil et préjugés, qui était dans ma liste des livres à lire en 2013, est une vraie critique envers la dépendance des femmes face au mariage qui leur permettait de s’assurer une certaine sécurité économique et un statut social. Mrs Bennet, la mère d’Elizabeth, incarne cette image à la perfection. Décrite comme une femme à « l’intelligence médiocre, peu cultivée et de caractère inégal », Mrs Bennet n’a qu’un seul grand souci : marier ses filles (et si possible, avec des hommes aux coffres bien remplis).

On suit avec bonheur, et en riant, la vie de la famille Bennet et de leurs amis(es), bouleversée par l’arrivée de Mr Bingley et de Mr Darcy dans leur campagne anglaise. Qui va épouser qui ? On ne le sait jamais avec certitude, en revanche, on devine dès les premiers chapitres à quels hommes se destinent Jane et Elizabeth, les deux aînées de la famille Bennett.

Elizabeth, « Lizzy », est la plus clairvoyante de toutes. Son caractère, son intelligence et ses bonnes manières ne lui feront jamais défaut malgré un entourage où la bêtise est souvent reine. Il y a d’abord celle de sa mère, personnage dont les déclarations frôlent le sommet du ridicule et ne manquent pas de nous amuser (même si j’ai secrètement rêvé que Lizzy lui demande de se taire). Quant à Mr Collins, il mériterait sans aucun doute le statut « d’idiot du pays ». Ses phrases, ses lettres, son attitude, transpirent l’ignorance au sens le plus péjoratif du terme. Il est donc naturel que ce jeune homme voue un culte à Lady Catherine, une femme odieuse que l’on enfermerait avec plaisir avec les soeurs de Mr Bingley. La description de Lady Catherine est probablement celle qui m’a fait le plus sourire. Appelée « Sa Grâce » tout au long du livre, elle incarne absolument tout le contraire de la grâce que l’on attendrait d’une femme de son rang.

L’ironie avec laquelle Jane Austen décrit le ridicule de certains personnages se mêle avec la profondeur avec laquelle elle présente les autres, en l’occurrence, Lizzy et Mr Darcy. Ces derniers sont autant acteurs que spectateurs car leur relation, sûrement la plus authentique, est moins visible aux yeux des autres. Le caractère improbable de cette relation renforce notre admiration et nous transporte. Avant de lire Orgueil et préjugés, j’avais une fausse image du livre. Je ne saurais expliquer pourquoi, mais j’imaginais un roman à l’eau de rose qui ne parle que d’amour et de jeunes filles qui rêvent du prince charmant. Il n’en est rien ! Le livre n’a pas cessé de me surprendre et c’est probablement pour cela que je l’ai autant apprécié.

Ma conclusion est donc très simple : Orgueil et préjugés est un livre à découvrir absolument !

Pour aller plus loin, je vous conseille de visiter un blog français entièrement consacré à Jane Austen et son univers : Jane Austen is my Wonderland.

Ce que dit la 4e de couv :

Pour les Anglaises du XIXe siècle, hors du mariage, point de salut ! Romanesques en diables, les démêlés de la caustique Elizabeth Bennet et du vaniteux Mr Darcy n’ont pas pris une ride ! Mais il faut parfois savoir renoncer à son orgueil. Et accepter la tombée des masques pour voir clair dans la nuit. Un classique universel, drôle et émouvant.

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8 réflexions sur “Orgueil et préjugés, le classique indispensable

    • Ah c’est marrant, je n’étais pas très fan de la couverture au début. Et puis finalement, j’ai trouvé qu’elle allait bien avec le livre… Classique et contemporaine à la fois !

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