Qui est vraiment Gatsby le magnifique ?

En ce début de semaine, je vous propose d’embarquer pour un voyage au coeur de l’Amérique des années 20 à la découverte de l’homme le plus mystérieux du moment : Gatsby. La sortie du film il y a près de deux semaines et sa présentation en ouverture du festival de Cannes ont propulsé le nom de Gatsby sur le devant de la scène. Comme beaucoup, j’ai craqué et comme je fais rarement les choses à moitié, j’ai lu le livre que j’ai terminé samedi et un jour plus tard (c’est-à-dire hier soir), je me suis confortablement assise dans les fauteuils du Gaumont Opéra à Paris pour 2h20 de film.

Une fois ma lecture achevée, j’ai de suite pensé que Gatsby le magnifique me plairait bien plus après avoir vu le film. J’étais perplexe, peut-être parce que je n’avais pas de suite saisi la force du roman de F. Scott Fitzgerald. Toujours est-il que j’avais vu juste.

Le Rat de Librairie_Gatsby le magnifique_Fitzgerald_2013

L’histoire de Gatsby le magnifique se déroule aux Etats-Unis dans les années 20, au lendemain de la Première Guerre Mondiale, une période marquée par une importante croissance économique, surtout aux Etats-Unis. Ce sont les années folles, celles de la prohibition où les bars clandestins fleurissent et les alcools de contrebande coulent à flots. Le narrateur est Nick Carraway, jeune homme bientôt trentenaire en provenance du Middle West et fraîchement débarqué à New York pour apprendre et exercer le métier de courtier en valeurs.

Nick loue une modeste maison à Long Island, West Egg, située entre deux palaces cossus face à East Egg, l’endroit le plus huppé de la zone où vivent Daisy, sa cousine, et Tom Buchanan, son mari. Rapidement, Nick va découvrir le monde (merveilleux ?) de la bourgeoisie de l’époque mais surtout, il va petit à petit faire la connaissance de son voisin, un homme dont le mystère et la célébrité qui l’entourent sont aussi importants que sa fortune : Jay Gatsby. A New York, tout le monde connaît Gatsby, surtout pour les soirées qu’il organise durant l’été 1922 et qui sont toutes plus folles les unes que les autres. Mais, au fond, qui connaît vraiment Gatsby ? Personne. Certains lui prêtent un passé d’espion allemand quand d’autres déclarent qu’il aurait tué un homme. C’est ainsi que Nick Carraway, aussi intrigué que nous, lecteurs, nous emmène à la découverte de cet homme.

« Il eut un sourire de compréhension, où il y avait bien plus que de la compréhension. C’était un de ses sourires rares qui ont le don de vous rassurer à jamais, et qu’il arrive que l’on rencontre quatre ou cinq fois dans une vie. Il se portait – ou semblait se porter – un instant sur le monde extérieur tout entier, puis se concentrait sur vous, sur vous seul, avec un irrésistible préjugé en votre faveur. Il vous comprenait dans la mesure exacte où vous vouliez être compris, croyait en vous comme vous auriez aimé croire en vous-même, et vous assurait qu’il avait exactement de vous le sentiment que vous souhaitiez, au meilleur de vous-même, donner à autrui. »

Donner un avis sur le roman est difficile tellement je suis partagée. Je pourrais très bien me lancer dans une critique de la bourgeoisie américaine des années 20, de son opulence et de sa superficialité, comme beaucoup l’ont déjà fait et qui semble être ce que l’on retient de Gatsby le magnifique. Je pourrais également prendre le contre-pied en affirmant que cette critique est bien trop facile à mon goût, surtout à notre époque où la croissance économique n’existe pas et où les signes extérieurs de richesse sont trop souvent vus comme une provocation. Non, je pense que ce n’est pas ce que je retiendrais de Gatsby le magnifique.

Mon côté sentimental me pousse à me placer du côté de Gatsby, l’homme dont l’espoir est sans faille et qui, durant des années, a été rongé par un amour qu’il est le seul à ne pas juger désespéré. Je retiens la solitude d’un homme qui s’est construit un personnage pour mieux oublier ce qu’il était enfant et ses origines, et qui malgré tout, garde espoir. Si j’ai réussi à plus apprécié le livre après avoir vu le film, c’est parce que mes sentiments et mon attachement envers le personnage de Gatsby ont été renforcés par les images, ce qui est plutôt rare chez moi car la lecture d’un livre me rend généralement plus critique envers les adaptations cinématographiques.

Ce roman illustre à merveille ce qu’un homme est capable de faire de sa vie, de lui-même, simplement par amour. Il nous montre également ce que les êtres humains sont incapables de voir lorsqu’ils ne vont pas au-delà de l’apparence et du jugement et cela n’a rien à voir, à mon avis, avec le fait d’être fortuné ou non. Il y a sûrement des choses qui m’ont échappées à la lecture du roman mais je suis certaine d’une chose : il est presque impossible de rester insensible à l’histoire de Gatsby le magnifique.

« Chaque fois que tu seras tenté de critiquer quelqu’un, songe d’abord que tout un chacun n’a pas eu en ce bas monde les mêmes avantages que toi. »

Ce que dit la 4e de couv :

« S’il faut dire la vérité, Jay Gatsby, de West Egg, Long Island, naquit de la conception platonicienne qu’il avait de lui-même. Il était fils de Dieu – expression qui ne signifie peut-être rien d’autre que cela – et il lui incombait de s’occuper des affaire de Son Père, de servir une beauté immense, vulgaire, clinquante. Aussi inventa-t-il la seule sorte de Jay Gatsby qu’un garçon de dix-sept ans était susceptible d’inventer, et il demeura fidèle à cette conception jusqu’à la fin. »

Le chef-d’oeuvre de F. Scott Fitzgerald paraît ici dans une traduction inédite de Philippe Jaworski.

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