Jane Eyre ou les Mémoires d’une institutrice

Mon voyage au coeur de la littérature anglaise du XIXe siècle continue avec Jane Eyre de Charlotte Brontë que je viens tout juste de terminer. C’est donc un avis à chaud que je vous propose ! Jane Eyre est l’un des romans figurant sur ma liste des livres à lire cette année et cette lecture s’inscrit également dans le cadre du Challenge Victorien 2013 auquel je participe.

Publié en 1847, Jane Eyre est le premier roman publié de Charlotte Brontë, romancière britannique née en 1816 et morte en 1855. Charlotte est le troisième enfant d’une famille littéraire très connue grâce à ses oeuvres et à celles de ces soeurs, Emily et Anne. Lorsque l’on se plonge dans la biographie des soeurs Brontë, nos âmes sensibles sont mises à rude épreuve : la maladie et la mort sont, dans cette famille, omniprésentes. Ces deux thèmes, en plus de la religion, sont également majeurs dans Jane Eyre, plongeant le lecteur dans une ambiance mélancolique voire glauque. La lecture est souvent complexe mais le style de Charlotte Brontë est très poétique et puissant.

Le Rat de Librairie_Jane Eyre_Charlotte Bronte_2013

Jane Eyre est l’autobiographie de l’héroïne du même nom, une orpheline tout d’abord recueillie par sa tante, Mrs Reed. Durant les dix premières années de sa vie, la jeune fille est élevée comme une inférieure et maltraitée par sa famille d’accueil et surtout par son cousin, John. Elle ne connaît ni l’amour, ni la tendresse. A 10 ans, Jane est envoyée à Lowood, un pensionnat pour jeunes filles orphelines où elle découvrira l’apprentissage et la reconnaissance, mais également la religion. C’est dans ce pensionnat qu’elle rencontre sa première amie, Helen Burns, qui décédera très tôt de la tuberculose, un événement douloureux faisant référence à la mort des soeurs aînés de Charlotte Brontë, Maria et Elizabeth.

Après huit années passées à Lowood, six en tant qu’élève et deux en tant qu’institutrice, Jane décide de prendre son destin en main et passe une annonce pour devenir préceptrice. Elle reçoit alors une réponse de Mrs Fairfax qui lui demande de faire l’éducation d’Adèle, la protégée de Mr. Rochester, riche propriétaire de Thornfield-Hall. La jeune fille, en plus de s’attacher à son élève, tombe rapidement sous le charme de son maître qui, lui aussi, s’éprend de l’héroïne.

« La plupart des gens l’aurait trouvé laid, j’en suis sûre ; et cependant, il y avait dans son port tant d’inconsciente fierté, tant d’aisance dans son attitude ; son apparence lui était si indifférente, parce qu’il avait conscience de posséder d’autres qualités plus sérieuses, sinon visibles, qu’en le regardant, on se sentait disposé à faire comme lui, à n’attacher que peu d’importance à son apparence extérieure. »

La découverte du terrible secret de Mr. Rochester compromet cependant le mariage entre les deux amoureux. C’est ici que commence la fuite de Jane qui tente alors d’échapper à la tentation et emprunte une route qui l’amène, petit à petit, à trouver l’indépendance.

Comme je l’ai dit précédemment, le thème de la mort est très présent dans le roman. La vie de Jane, fortement inspirée de celle de Charlotte, n’est pas une vie que l’on qualifierait d’heureuse. Très vite, je me suis sentie plongée dans une histoire bouleversante, souvent triste. Jane Eyre est un très beau roman mais lorsque l’on démarre la lecture, il ne faut pas s’attendre à ce qu’elle soit divertissante. Il est presque impossible de ne pas s’attacher à Jane même si parfois, on aimerait qu’elle soit plus légère, qu’elle accepte les petits bonheurs que lui offre la vie, comme une récompense ou comme des événements destinés à lui faire oublier tout ce qu’elle a vécu étant jeune. Je pense avoir bien fait de lire la biographie de Brontë avant de démarrer le roman, évitant ainsi toute déception sur le caractère de Jane, sur ces décisions et le chemin qu’elle emprunte.

« Lecteurs, puissiez-vous ne jamais ressentir ce que je ressentis alors. Puissent vos yeux ne jamais verser des larmes aussi brûlantes, aussi déchirantes que celles qui coulaient sur mes joues. Que jamais vos lèvres ne soupirent des prières si désespérées et si angoissées que les miennes. Puissiez-vous ne jamais être un instrument de mort pour l’être que vous aimez le plus au monde ! »

La tristesse et les malheurs qui entourent ce roman ne m’ont pas du tout empêchée de le dévorer, probablement grâce à l’attachement que l’on porte à l’héroïne. Très vite, j’ai eu envie de savoir comment la jeune fille allait évoluer et si, enfin, elle allait connaître le bonheur. La dernière partie du livre consacrée à la fuite de Jane, contient certaines longueurs, à cause de l’omniprésence de la religion à laquelle je ne suis absolument pas sensible. Difficile donc d’être touchée par les paroles de Saint-John et de Jane dans cette partie de l’histoire.

Malgré tout, ce roman est, sans hésitation, l’un des romans les plus troublants de ma bibliothèque. L’histoire est poignante, enivrante et le style de Brontë est absolument impressionnant. Jane Eyre nous offre une belle leçon de vie et, sur ce point, la quatrième de couverture ne s’est pas trompée : « l’histoire nous rappelle que rien dans la vie n’est jamais joué d’avance ».

Ce que dit la 4e de couv : 

Entrée comme gouvernante au manoir de Thornfield, Jane Eyre, orpheline sans beauté ni fortune, est irrésistiblement attirée par le maître des lieux, Edward Rochester. Ce ténébreux seigneur s’éprend à son tour de la jeune fille, dont la force de caractère le subjugue. Mais, lorsque les deux amants envisagent de se marier, Jane découvre le terrible secret de Rochester : leur union se voit compromise…

Retraçant le destin hors norme d’une femme qui, au coeur de l’Angleterre victorienne, s’arroge le droit d’aimer son maître, Jane Eyre connut, lors de sa parution en 1847, un succès sans précédent. Bouleversant, ravissant, scandaleux, le défi lancé à la société par ce personnage aussi intègre qu’audacieux, dont l’histoire nous rappelle que rien dans la vie n’est jamais joué d’avance, a séduit des générations de lecteurs : « Relu une partie de Jane Eyre, simplement pour ne pas oublier ce que c’est qu’un grand roman » (Julien Green).

Lu dans le cadre du Challenge Victorien 2013.

challenge-victorien-2013-arieste

 

Publicités

4 réflexions sur “Jane Eyre ou les Mémoires d’une institutrice

  1. Comme toi, j’ai dévoré ce roman ! Je n’avais pas lu de biographie de Charlotte avant et c’est vrai que Jane m’a un peu agacé par moment. Depuis, je comprends mieux ce personnage.

    • J’ai longtemps pensé qu’il n’était pas nécessaire de connaître un auteur pour lire son oeuvre… mais aujourd’hui, je comprends pourquoi mes profs de lycée me disaient le contraire 😉

  2. J’ai adore le roman, et je conseille la derniere adaptation en date! (avec Michael Fassbender dans le role de rRochester). Le realisateur a su « mettre dans ses images » l’emotion du livre. (desolee pour les accents, je tape sur un clavier qwerty)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s