Lectures de l’été #2 – Ce que savait Maisie, Henry James

Après l’humour cinglant de l’anglais Tom Sharpe, mon choix s’est porté sur un roman du XIXe, Ce que savait Maisie d’Henry James. Un changement radical ! Même si Henry James n’est pas considéré comme un écrivain victorien au sens propre du thème, j’inscris cette chronique au Challenge Victorien 2013 auquel je participe. James est certes d’origine américaine mais il a plus tard était naturalisé britannique, a longtemps habité en Angleterre et a vécu durant l’époque victorienne (1843-1916).

Revenons-en au roman. Ce que savait Maisie raconte l’enfance tourmentée et la maturité précoce de Maisie qui assiste au déchirement de ses parents, à leur divorce puis à leur haine mutuelle. Après la séparation, chacun tente de reconstruire sa vie. L’un se marie, l’autre séduit et très vite, la petite Maisie devient un poids pour les deux parents. Ballottée d’un parent à l’autre, la petite fille se retrouve prise en charge par sa ou ses gouvernantes, l’ami de sa mère ou encore la femme de son père. S’il y avait un mot pour définir son enfance, ce serait « chaos ».

Le Rat de Librairie_Ce que savait Maisie_Henry James_2013

C’est un résumé publié sur L’Internaute qui m’a donné l’envie de lire ce roman. J’étais curieuse de découvrir ce que peut voir et ressentir un enfant face au déchirement d’une famille, à la haine et l’égoïsme de ses parents et adultes en général. L’histoire était suffisamment claire, je ne m’attendais donc pas à grand chose de ce côté là. Par contre, j’étais sûre de ne pas être déçue… jusqu’à ce que je découvre le caractère (très) psychologique du roman.

Autant être honnête, je me suis ennuyée. Très vite, la complexité du livre a eu raison de moi, je lisais sans vraiment lire et donc, je n’avais aucune émotion. La situation de l’enfant aurait pu m’émouvoir si l’écriture avait été différente, plus simple. Pour vous donner une idée, j’ai retenu un passage qui m’a laissée perplexe à la première lecture et m’a beaucoup fait rire à la seconde.

« Tout n’étant plus qu’une question de parti à prendre, les positions réciproques commençaient du moins à se dessiner. Maisie, comme de juste, étant donné la délicate situation où elle se trouvait, n’était du parti de personne ; mais Sir Claude avait tout l’air d’être du parti de Maisie. Si, de plus, Mrs. Wix était du parti de Sir Claude, Madame du parti de Mr. Perriam, et Mr. Perriam probablement du parti de Madame, il ne restait donc d’incertitudes qu’au sujet de Mrs. Beale et Mr. Farrange. Il était clair que Mrs. Beale, comme Sir Claude, était du parti de Maisie, et il fallait supposer que papa était du parti de Mrs. Beale. Là pourtant, on se trouvait en face d’une légère ambiguïté, car le fait que papa fût du parti de Mrs. Beale ne semblait pas le mettre complètement de celui de sa fille. »

Clair comme de l’eau de roche. Je vous rassure, tout le livre n’est pas construit de cette manière et il y a des passages agréables à lire ou plus captivants que d’autres.

Objectivement, je pense qu’Henry James a signé un grand roman ce qui explique qu’il soit reconnu et respecté. Psychologues, étudiants ou amateurs de psychologie seront sûrement de cet avis. Ces trois catégories de personnes plus les littéraires sont probablement la cible. Moi, non.

Ce que dit la 4e de couv :

Maisie vit tour à tour chez son père et sa mère qui font d’elle le témoin de leur haine mutuelle depuis leur divorce. À travers son regard innocent, Henry James compose une peinture des passions humaines. Ce roman est le tour de force d’un maître en psychologie, la récréation d’une âme enfantine et du monde qui l’entoure, où l’analyse minutieuse des sentiments laisse le lecteur émerveillé.

Lu dans le cadre du Challenge Victorien 2013.

challenge-victorien-2013-arieste-2

Publicités

3 réflexions sur “Lectures de l’été #2 – Ce que savait Maisie, Henry James

  1. J’ai beaucoup aimé ce roman qui ne s’intéresse pas aux adultes, mais à la vision de l’enfant au milieu de ce tumulte qu’elle ne peut pas vraiment comprendre… C’est un récit brillant, mais Henry James n’a jamais fait (de mon point de vue) dans le médiocre. J’ai hâte de voir la dernière adaptation en date (je ne sais pas s’il y en a eu d’autres) qui n’est pas encore sortie en France, je crois…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s