Amélie Nothomb tue le père

Qui dit rentrée littéraire, dit Amélie Nothomb. Sauf que je n’ai pas lu son dernier roman mais celui qu’elle a publié il y a deux ans : Tuer le père. Ce livre fut l’occasion de renouer avec Nothomb que j’appréciais tellement lorsque j’étais adolescente. Hygiène de l’assassin a été l’un de mes premiers coups de coeur littéraires suivi de belles découvertes : Péplum, Métaphysique des tubes, Attentat, Les Combustibles, Cosmétique de l’ennemi… Mais, depuis presque 10 ans, je me suis un peu désintéressée. Est-ce l’effet « rentrée littéraire » et les traditionnelles tournées promotionnelles ? Peut-être. J’ai aimé ses livres mais je n’ai jamais vraiment accroché avec sa personnalité (la voir partout m’a donc probablement éloignée).

Certaines années, ma mère m’offrait le dernier Nothomb. Des livres que j’ai mis de côté en me disant « on verra plus tard ». Et ce plus tard est arrivé il y a quelques semaines pour Tuer le père. Retrouvailles.

Le Rat de Librairie_Tuer le père_Amélie Nothomb_2013

Tuer le père parle de magie mais également, et le titre est suffisamment explicite, du père, père de sang ou père d’amour, celui que l’on peut choisir, celui que l’on utilise. Joe Whip, le personnage principal, est un adolescent de 14 ans qui ne connaît pas son père et que sa mère met dehors pour vivre tranquillement et plus simplement son histoire d’amour avec son dernier amant en date. Joe a des talents de magicien et souhaite de Norman Terence, le plus grand magicien, devienne son maître.

C’est alors qu’une relation se construit entre les deux personnages, une relation à laquelle s’ajoutera Christina, la femme de Norman. Pendant 150 pages, il sera question de magie, la base de l’histoire, d’un triangle amical qui deviendra très vite ce que l’on peut appeler une famille.

Les adeptes de l’Amélie Nothomb d’avant les années 2000 se demanderont peut-être, en lisant ce résumé, est-ce bien d’un Nothomb dont il est question ? Et bien, oui. N’ayant lu aucun des Nothomb publiés depuis 2001, cette lecture m’a légèrement perturbée. La question « est-ce bien la même Amélie ? » m’est restée dans la tête pendant toute la durée de ma lecture. J’y étais un peu préparée car même si j’ai laissé ses romans de côté, j’ai toujours suivi l’actualité et lu deux ou trois critiques par an.

J’avais donc déjà remarqué que l’auteur avait autant d’admirateurs que de détracteurs et les critiques les plus virulents n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Loin de moi l’envie de démolir le travail de Nothomb ou de me ranger derrière l’avis des critiques qui, il faut parfois se l’avouer, exagèrent un peu. J’ai lu le roman rapidement et ce n’était pas une torture. Où voulait-elle en venir avec ce roman ? Je n’en sais rien mais si l’objectif était de divertir tout simplement, c’est réussi.

En revanche, si l’on recherche la fameuse plume vive, tantôt cruelle et tantôt drôle, qui caractérisait si bien la Nothomb des débuts, on risque d’être déçus(es). Si je l’aimais tant au départ, c’est parce qu’elle arrivait à me faire rire, réfléchir, à me choquer parfois, tout cela en un seul roman. Son vocabulaire est tellement riche qu’il m’était parfois impossible de lire une page sans ouvrir une seule fois le dictionnaire.

La nouvelle Amélie ne me déplaît pas entièrement, mais je préfère l’ancienne. J’ai encore quelques romans d’elle dans ma bibliothèque et j’espère qu’ils me permettront de renouer avec l’un de mes premières idoles littéraires.

Ce que dit la 4e de couv :

« Allez savoir ce qui se passe dans la tête d’un joueur. »

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