L’art de la Persuasion

Rien de tel qu’un bon livre pour oublier le froid et la grisaille ! C’est en me disant cela que mon choix s’est rapidement porté sur un Jane Austen qui jusqu’à maintenant, ne m’a pas déçue. Après Orgueil et préjugés et Emma, j’ai décidé de lire Persuasion, le sixième et dernier roman achevé de l’auteur, publié à titre posthume en 1817 et reconnu pour ses tonalités automnales… la période est bien choisie !

Ecrit durant les années les plus difficiles de la vie de Jane Austen, ce roman est plus grave que les autres. Lorsque l’auteur commence l’écriture de Persuasion en 1815, son frère Henry tombe malade, la famille connaît de graves problèmes financiers et la maladie qui emportera Jane deux ans plus tard, fait son apparition. C’est donc une Jane Austen faible et malade qui commence et achève son dernier roman, dont le style apparaît, dès les premières pages, bien plus abouti que celui d’Orgueil et préjugés.

Le Rat de Librairie_Persuasion_Jane Austen_2013

Le roman raconte l’histoire d’Anne Elliot, personnage principal et narrateur secondaire – seule sa vision des faits est ici exposée. Anne a 27 ans et est la deuxième fille de Sir Walter Elliot, un baronnet veuf, vaniteux et têtu, j’ajouterais même détestable et ridicule. Elizabeth, la soeur d’Anne, est comme son père, seules les mondanités l’intéresse. A 19 ans, Anne était éperdument amoureuse de Frederick Wentwoth mais avait repoussé la demande de ce dernier persuadée par son amie, Lady Russel, qu’il était risqué de s’engager avec un jeune officier de marine en début de carrière.

Persuasion tourne autour des retrouvailles des deux jeunes gens, huit ans plus tard, de leurs familles et amitiés communes. Ils vont connaître, avec leurs proches, la vie chaleureuse et rieuse de Lyme Regis, ville côtière du sud de l’Angleterre, puis la vie mondaine de Bath, largement dépeinte par Austen. Anne Elliot est une héroïne très anglaise, effacée et stoïque, qui m’a parfois légèrement agacée. On aimerait en effet qu’elle s’affirme un peu plus mais plus j’avançais dans le livre et plus je commençais à l’apprécier. L’ambiance de Persuasion est très différente d’Orgueil et préjugés. Malgré le ton un peu plus grave et l’écriture plus aboutie, l’ambiance générale et les personnages sont plus joyeux, positifs et moins hautains (surtout si nous les comparons à Marc Darcy).

C’est cette caractéristique qui m’a permis d’apprécier le livre. Anne a tout du personnage que l’on souhaite sauver ou aider, mais, entourée de bons amis, elle ne s’en sort pas trop mal et évolue dans un univers simple et honnête (si l’on oublie son père et sa soeur bien entendu).

Je n’ai pas eu le même enthousiasme que pour Orgueil et préjugés, peut-être parce que c’était ma première lecture austenienne, mais il est évident que l’expérience est différente. L’évolution de l’écriture de Jane Austen est frappante et très impressionnante lorsque l’on sait que Persuasion a été écrit lorsqu’elle était malade et alitée. Ce roman confirme une nouvelle fois que Jane Austen est assurément l’un de mes auteurs préférés !

Ce que dit la 4e de couv :

Depuis quand une jeune fille a-t-elle besoin qu’on lui dicte sa conduite ? Si elle s’est laissé persuader trop jeune de rompre ses fiançailles, Anne Eliott n’est plus dupe. Et lorsque son ancien amant réapparaît, auréolé de gloire, l’heure n’est pas à l’indécision. Pour Anne, il est temps de faire fi des convenances et de la vanité de son entourage !

Publicités

4 réflexions sur “L’art de la Persuasion

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s