1h30 en compagnie du King

Ce n’est un secret pour personne… La semaine dernière, Paris accueillait le grand Stephen King pour la première fois de sa carrière. Un événement historique pour le monde littéraire, les médias mais surtout, les fans. Et ils étaient nombreux à attendre leur idole samedi dernier au Grand Rex. Par chance, j’y étais aussi et cette soirée restera à jamais ancrée dans ma mémoire. Je pourrais parler de cette soirée pendant des heures mais je ne vais pas faire la liste exhaustive des sujets abordés par l’auteur, d’autres l’ont fait avant moi comme Stephen King France (avec en prime quelques vidéos) ou encore Tamala75.

On ne présente plus Stephen King qui, en 40 ans de carrière, a fait frissonner des millions de lecteurs à travers le monde. Admirateurs ou non, tout le monde connaît le roi de l’épouvante, grâce à ses livres ou aux nombreuses adaptations cinématographiques. Il a publié son premier roman en 1974, puis une cinquantaine et a vendu plus de 350 millions d’exemplaires à travers le monde. De quoi donner le vertige, et pourtant… Stephen King est un homme humble, surpris de son succès et de l’accueil qui lui a été réservé. Pour ne rien gâcher, il est de plus très drôle et lucide sur son métier.

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Sa folle semaine parisienne s’est terminée en beauté, dans la magnifique salle du Grand Rex et devant environ 1 000 personnes. Le public était déjà présent devant les portes dès le milieu de la journée, prêts à attendre plusieurs heures dans le froid (l’événement démarrait à 20h30). L’entrée de Stephen King sur scène était digne d’une star du rock et, à voir sa réaction, il ne s’attendait certainement pas à une ovation comme celle-ci (une vidéo de l’entrée est disponible sur la chaîne YouTube de Stephen King France). Dès son arrivée, j’ai de suite pris de conscience de la chance que j’avais d’être là et du caractère unique de l’événement, j’en avais des frissons.

Le jeu des questions-réponses avec le journaliste Augustin Trapenard a enfin démarré. Parce que c’est un jeu et un vrai plaisir pour lui, King a commencé par nous faire peur puis à nous faire rire. Nous avons découvert un homme simple, drôle, intelligent, humble, un homme qui parle sans détour de son quotidien d’écrivain et de sa journée type, une journée qu’il décrit lui-même comme complètement inintéressante. Malgré le millier de personnes présentes, j’ai ressenti comme une espèce d’intimité, comme si nous étions en petit comité, dans le salon de l’écrivain à parler de l’écriture, de ses romans, ses peurs, ses inspirations.

Pour lui, son talent tient à une certaine discipline qu’il s’impose depuis 40 ans : écrire tous les jours et lire, beaucoup. Chaque matin, lorsqu’il arrive à son bureau, une cabane située à 100 mètres de sa maison en bordure de forêt qu’il appelle Woodland, il allume son ordinateur, son imprimante, sa radio, sa bouilloire pour le thé et démarre la lecture de la dernière page du manuscrit, écrite la veille. Ce rituel est un échauffement et ce n’est qu’après, que la machine King se met en route. Il s’arrête autour de midi, redevient un « homme normal » durant les 100 mètres qui le séparent de sa maison pour retrouver sa femme qui lui demande « s’il a pris le pain, s’il peut aller au supermarché chercher du lait et sortir les poubelles ».

Outre la discipline, il y a le talent indéniable de l’auteur, un style qui lui est propre et que lui-même a du mal à expliquer. Et s’il n’y avait aucune explication ? Et si, comme Danny Torrance, le petit garçon de Shining, Stephen King possédait tout simplement le Don ? Toujours est-il qu’il est le seul à m’avoir donné autant de frayeurs, a avoir provoqué de fortes accélérations de mon rythme cardiaque et surtout, a m’avoir provoqué autant de cauchemars et ce, encore aujourd’hui. Le nom de Stephen King est à jamais associer à mes premières peurs, mes premiers frissons et il a été le premier auteur pour lequel j’ai eu autant d’admiration lorsque j’étais adolescente.

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Samedi soir, un rêve s’est réalisé. J’ai conscience d’avoir vécu un moment unique qui ne se reproduira plus. Pourquoi ? Tout simplement parce que, selon moi, Stephen King est l’écrivain (vivant) le plus talentueux que nous ayons aujourd’hui, le seul ayant atteint un tel niveau de popularité. Son nom a toujours eu un goût d’inaccessible et la semaine dernière, il nous a fait le plus beau des cadeaux : venir à notre rencontre, rester accessible et naturel tout en gardant une part de mystère. Il semblait surpris de l’accueil, pas moi. Nous pourrions rester des heures à l’écouter, l’applaudir, le regarder comme nous avons passé des heures à le lire.

Monsieur King, merci pour ce que vous nous avez donné durant votre séjour et durant cette soirée mémorable, les applaudissements ne seront jamais suffisants pour saluer votre talent.

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