Vivre comme si chaque jour comptait pour 10 ans

« Cher Dieu,

Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause des mes études, je n’avais pas le temps.

Je te préviens tout de suite : j’ai horreur d’écrire. Faut vraiment que je sois obligé. Parce qu’écrire c’est guirlande, pompon, risette, ruban, et cetera. Ecrire, c’est rien qu’un mensonge qui enjolive. Un truc d’adulte.

La preuve ? Tiens, prends le début de ma lettre : « Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause de mes études, j’avais pas le temps », j’aurais pu aussi bien mettre : « On m’appelle Crâne d’Oeuf, j’ai l’air d’avoir sept ans, je vis à l’hôpital à cause de mon cancer et je ne t’ai jamais adressé la parole parce que je crois même pas que tu existes. »

Seulement si j’écris ça, ça la fout mal, tu vas moins t’intéresser à moi. Or j’ai besoin que tu t’intéresses. »

Me voilà de retour après un mois d’absence… Aujourd’hui, je vais vous parler d’un petit livre émouvant que j’ai lu en début d’année : Oscar et la Dame rose, d’Eric-Emmanuel Schmitt. Petit livre car il fait un peu moins de 100 pages. Publié en 2002, il est la troisième partie du Cycle de l’Invisible composé de six récits qui traitent des religions.

Oscar et la Dame rose est une histoire émouvante, touchante et drôle à la fois. J’avais vu le film sorti en 2009 avec Michèle Laroque et il m’avait bouleversée. Pour la première fois, j’aime autant le livre que l’adaptation. C’est suffisamment rare pour le souligner !

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Venons-en à l’histoire elle-même. Oscar a dix ans, il est atteint d’une leucémie et vit à l’hôpital. Malgré ses dix ans, il pense qu’il a l’air d’en avoir sept et que sa tête ressemble à un crâne d’oeuf à cause de son cancer. Oscar s’ennuie mais un beau jour, il va faire la connaissance de Mamie Rose, surnommée la « Dame rose ». Elle va encourager Oscar à écrire des lettres à Dieu, ce qu’il va faire même s’il n’y croit pas. Dans chaque lettre, Oscar formulera un voeu. En plus des lettres, la Dame rose propose un jeu : connaître chaque étape de la vie, chaque jour comptant pour dix ans.

Oscar se prend au jeu, dans chacune de ses lettres il a dix ans de plus et décrit chaque étape important de sa vie : l’adolescence, les premiers amours, le mariage, les enfants… Le livre est le recueil des lettres d’Oscar dans lequel nous faisons la connaissance des autres enfants de l’hôpital : Peggy Blue, une petite fille atteinte du syndrome d’Eisenmenger, Popcorn, l’obèse, Einstein, l’hydrocéphale, et Bacon, le grand brûlé. Voir les maladies avec les yeux d’un enfant de dix ans est touchant. Adulte, nous avons tendance à avoir peur, à ne pas en parler librement. Les enfants ont certes peur mais ils mettent leurs mots à eux ce qui est parfois drôle (comme appeler un grand brûlé « Bacon », chose qu’aucun adulte ne pourrait se permettre mais qui est tellement drôle).

Pourquoi ce livre vaut le coup d’être lu ? Tout d’abord pour s’évader et retrouver, le temps de quelques pages, notre âme d’enfant. Oscar est un enfant comme les autres : à dix ans, il commence à comprendre certaines choses de la vie mais il le comprend avec ses yeux. Son monde est un monde imaginaire et il nous le présente à chacune de ses lettres. Ensuite, et malgré que le livre traite de la maladie d’un enfant, le style d’écriture, la manière dont Oscar s’exprime et ce qu’il raconte dans ces lettres sont drôles. En lisant Oscar et la Dame rose, j’ai eu plusieurs fous rires. Comme en témoignage le post-scriptum de sa première lettre : P.-S. Je n’ai pas ton adresse : comment je fais ?

Grâce à cela, on oublie un peu la tristesse liée à la maladie (même si à certains passages, quelques larmes viennent) et on se rend compte à quel point il est facile d’égayer un peu le quotidien d’un enfant malade. Avec un jeu tout simple et en le traitant comme un individu à part entière, non comme un malade. Je l’ai dit un peu plus haut, ce livre fait partie d’un cycle de six récits traitant des religions. Pour Oscar et la Dame rose, ce n’est pas un aspect que je retiendrais. N’étant pas vraiment sensible à la religion, ce n’est pas quelque chose qui m’a frappée.

En plus du livre, je vous conseille également le film. Le petit garçon qui joue Oscar est très attachant et Michèle Laroque est incroyablement drôle dans ce film.

Ce que dit la 4e couv :

– Et pourquoi est-ce que j’écrirais à Dieu ?

– Tu te sentiras moins seul.

– Moins seul avec quelqu’un qui n’existe pas ?

– Fais-le exister. Chaque fois que tu croiras en lui, il existera un peu plus. Si tu persistes, il existera complètement. Alors, il te fera du bien.

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