La dernière leçon

Comment vivre ? Cette question, l’auteur la pose tout au long de ce livre. Comment vivre autrement qu’en somnambule, ou dans une course angoissée à la poursuite d’objectifs décevants ? Comment vivre plus pleinement ? Comment apprécier la vie ? Comment tout simplement être plus heureux dans le monde d’aujourd’hui ?

Après Oscar et la Dame rose, restons dans les thèmes universels que sont la vie et la mort avec La Dernière Leçon de Mitch Albom (la différence avec Oscar est que La Dernière Leçon est une histoire vraie). L’auteur est américain et journaliste sportif connu aux Etats-Unis pour la presse, la radio et la télévision. Il est né en 1960 à Philadelphie et son livre, La Dernière Leçon, a été publié en 1998. Dans ce livre, Mitch retranscrit ses conversations avec Morrie Schwartz, son ancien professeur d’université atteint d’une maladie mortelle. Un recueil qui sera le dernier cours du professeur à son élève.

Le Rat de Librairie - La Dernière Leçon - Mitch Albom - 2014

Mitch Albom est un homme pressé, comme beaucoup d’hommes et femmes de sa génération. Il vit dans un monde où il faut être beau, jeune, riche… notre monde. Il n’y a peu de place pour autre chose. Un soir, l’auteur tombe par hasard sur une émission de télévision célèbre consacré à son ancien professeur : Morrie Schwartz est interviewé sur sa maladie et sa mort prochaine. Il se sait condamné et veut faire de son agonie un enseignement. « Etudiez-moi dans ma lente et patiente disparition. Observez ce qui m’arrive. Apprenez avec moi ! » Comme des millions de téléspectateurs, Mitch Albom est bouleversé.

Il décide alors d’honorer la promesse qu’il avait faite à Morrie lorsqu’il était étudiant et qu’il n’a pas tenue : garder le contact. Les deux hommes se verront tous les mardis chez Morrie pendant 14 semaines, un clin d’oeil aux cours donnés par le professeur à l’université qui avaient lieu chaque mardi. L’auteur entre alors dans une autre dimension : il est au chevet d’un homme mourant, il l’écoute et va être captivé par sa jeunesse d’esprit, sa sagesse et son humour. Chaque mardi aura son thème : le monde, l’apitoiement sur soi, les regrets, la mort, la famille, les émotions,  la peur de vieillir, l’argent, les choses de l’amour, le mariage, notre culture, le pardon, la journée parfaite et l’adieu.

Que cela nous effraie ou nous laisse indifférent, nous avons tous un avis sur la mort, la vieillesse ou l’amour. Moi la première. Je ne suis pas du genre à me poser 36 000 questions du style « vais-je mourir vieille ? », « Est-ce que je profite suffisamment de la vie ? De mes proches ? »… mais lire La Dernière Leçon a été une expérience incroyable. Cela permet de prendre du recul le temps de quelques pages et de voir la vie à travers les yeux d’un vieil homme, sage et intelligent, qui se sait condamné. En lisant les conversations de Mitch et de Morrie, j’ai eu l’impression que le professeur avait une réponse à tout et pour tout le monde, les bonnes réponses. J’admire l’homme qu’il était et je pense que personne ne peut être indifférent.

Sur la mort, il dit « tout le monde sait qu’il va mourir, mais personne n’y croit. Sinon, on s’y prendrait autrement. » Pour lui, apprendre à vivre passe par le fait d’apprendre à mourir. Réaliser que l’on va mourir nous permet de voir les choses autrement, de ne plus agir comme des « somnambules ». Lorsque les deux hommes abordent la peur de vieillir, Morrie trouve à nouveau les mots justes. Devenir dépendant lorsque l’on vieillit est pour lui un moyen de retourner en enfance lorsque nos mères prenaient soin de nous et nous portaient toute l’attention que demande un enfant. Morrie recherche le contact humain et prend l’attention qu’on lui porte comme s’il n’en avait pas suffisamment eue étant enfant.

Le thème de la culture m’a particulièrement touchée car les propos du professeur, même s’ils datent des années 90, ne peuvent pas être plus actuels. Morrie a passé sa vie à se fabriquer sa petite « sous-culture » pour ne pas être dépendant de celle(s) que la société nous impose. « Voici ce que j’entends par se fabriquer sa propre petite sous-culture. Je ne veux pas dire qu’il faille mépriser les règles de la communauté dans laquelle on vit. Je ne me promène pas tout nu, par exemple. Je ne brûle pas les feux rouges. Je peux obéir à ces petites choses. Mais les grandes choses, c’est-à-dire nos choix en matière de pensée et de valeur ! On ne peut pas laisser quelqu’un d’autre – ou même la société – choisir à notre place. » Pour illustrer ses propos, Morrie prend l’exemple de la minceur des femmes ou l’idéal de richesse des hommes, des croyances imposées par la société mais auxquelles personne n’est obligé de croire.

Il est très rare que je sois émue aux larmes pour un livre. Avec La Dernière Leçon, c’est inévitable. Morrie représente la personne que nous souhaiterions tous connaître : une personne sage, en paix, qui a de l’humour, voit la bonté des hommes et la beauté de la vie, et accepte la mort. Comme son nom l’indique, ce livre est une belle leçon de vie qui m’a permis de mettre mon quotidien sur pause, de prendre du recul et d’apprécier encore plus les minutes qui passent. Je ne vais pas dire que grâce à ce livre je n’ai plus peur de vieillir ou de mourir mais selon Morrie, plus on vieillit, moins on est ignorant, j’ai donc encore un peu de temps.

Pour vous donner un aperçu du personnage, je vous conseille de visionner les interviews de Morrie par Ted Koppel : Lessons On Living.

Ce que dit la 4e de couv :

Chacun a connu dans sa jeunesse quelqu’un qui a su comprendre ses aspirations et ses inquiétudes, l’a aidé à trouver sa voie, à devenir un adulte. Pour Mitch Albom, cet homme fut Morrie Schwartz, son professeur d’université. Après l’avoir perdu de vue, Mitch apprend que Morrie est atteint d’une maladie mortelle et qu’il a décidé de transformer sa mort en une dernière leçon de philosophie. Mitch lui rendra visite pendant de longs mois, pour chercher avec lui la réponse à cette question qui nous hante tous : comment vivre ?

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5 réflexions sur “La dernière leçon

  1. Ton article donne envie de le lire 😉 surtout que si il y a bien une chose que tout le monde souhaite c’est de vivre sans avoir de regrets, sans passer à coté des choses, à coté des gens, …

  2. Bonjour,

    Seriez-vous d’accord de poster le lien vers cet article sur mon blog http://www.lirepourguerir.com ?
    Je suis actuellement à la recherche d’articles rédigés par des blogs littéraires sur des fictions/romans/contes dont la lecture est jugée bienfaisante. D’après vos commentaires, il me semble que ce roman pourrait aider à apaiser certaines grandes angoisses existentielles. Qu’en pensez-vous ?

    Merci d’avance pour votre retour

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