Une partie de cache-cache

Quelques mois plus tôt, j’entamais mon troisième W. Wilkie Collins : Cache-cache. Après avoir adoré La Dame en blanc et La Pierre de lune, j’avais hâte de retrouver le maître de l’intrigue de l’époque victorienne. La première parution de Cache-cache date de 1854, Wilkie Collins avait 20 ans et l’Angleterre toute entière suivait de près la guerre de Crimée. L’œuvre est donc passée inaperçue. L’auteur a profité de cet échec pour relire attentivement le livre qui s’intègre dans sa suite romanesque (Antonina, Le Secret du mort et La Dame en Blanc). Dans son Introduction à l’œuvre révisée, Wilkie Collins explique : « J’ai abrégé, et dans de nombreux cas supprimé, maints passages qui exigeaient plus de la patience du lecteur que je ne l’estimerais prudent ou souhaitable aujourd’hui, si j’écrivais un nouveau livre. » Il a également revu le dénouement de l’intrigue et c’est en 1861 que sort la nouvelle version de Cache-cache, celle que j’ai lue.

Cache-cache_William Wilkie Collins_Le Rat de Librairie_2014

Les premiers personnages présentés au lecteur sont Mr et Mrs Thorpe, leur fils Zack et le père de Mrs Thorpe. L’éducation que Mr Thorpe veut pour son fils est très stricte et c’est par le récit d’une punition que démarre le roman. Les détails sur Mr Thorpe, ses principes d’éducation et son autorité sur son fils nous permettent de mieux comprendre le personnage de Zack et ce qu’il deviendra, ou ce qu’il tentera de devenir. Le jeune garçon voit son futur dans la peinture et il compte sur Mr Valentin Blyth, artiste peintre, que Zack apprécie beaucoup, pour l’aider à préparer son avenir. Mr Thorpe, qui souhaite une vie de bureau pour son fils, ne voit pas cette amitié d’un très bon œil, il n’apprécie pas Mr Blyth, en partie à cause de la fille adoptive de ce dernier, Mary (surnommée « Madonna ») : Mr Thorpe trouve cette histoire un peu louche et se demande même si Mr Blyth ne serait pas finalement le vrai père de la jeune fille.

Madonna est sourde-muette depuis son plus jeune âge et, avant de vivre avec Mr et Mrs Blyth, a été recueillie dans un cirque, par Madame Peckover. La jeune fille a fait le bonheur de Mr Blyth dont l’épouse est atteinte d’une maladie invalidante et dégénérative l’obligeant à rester allongée la plupart du temps. Zack leur rend visite régulièrement pour bavarder avec le peintre et obtenir son aide en vue de devenir peintre. Leur amitié s’intensifiant, Zack doit subir les foudres de son père et décide donc de quitter la maison familiale. C’est alors qu’il rencontre Mat, le vagabond, un homme mystérieux avec qui l’intrigue arrive…

Cela fait beaucoup de personnages et j’ai moi-même été perdue lors de certains passages. Ne pas décrocher était difficile d’autant plus que je n’ai pas réellement été passionnée par l’histoire, ni par l’intrigue. Un certain nombre de secrets deviennent évidents avant d’être révélés et le dénouement, le dernier secret, n’est pas aussi « inavouable » que le dit la quatrième de couverture. Contrairement à La Dame en blanc et à La Pierre de lune, Wilkie Collins ne m’a pas transportée. Certaines descriptions étaient trop longues selon moi, peut-être parce que je ne me suis pas attachée aux personnages, sauf pour Madonna et Zack. Ces derniers ne sont pas les plus présents, cela explique ma déception.

J’imaginais une intrigue et une tension plus fortes ; plus de rebondissements et moins de descriptions. Le livre est donc resté longtemps entre mes mains, plus que je ne l’imaginait, car je n’arrivais pas à le terminer. Une seconde déception pour 2014 après Murakami mais heureusement, je me suis rattrapée ensuite avec quelques belles découvertes…

Lu dans le cadre du Challenge Victorien 2013.

challenge-victorien-2013-arieste-2

Ce que dit la 4e de couv :

Publié en 1854, Cache-cache annonce déjà le très trouble climat de La Dame en Blanc. Collins y distille ses plus délicieux poisons. Fondé selon la bonne habitude de l’auteur, sur le thème de la révélation d’un secret de famille du genre inavouable, le roman est surtout prétexte à la mise à nu d’un sentiment dérangeant : le désir de vengeance, qui ne laisse en repos, comme bien l’on devine, ni les personnages ni le lecteur.

Mystère, ambiguïté, humour (noir ou non) : les trois ingrédients du suspense selon Collins sont là, que reprendra plus tard à son compte Alfred Hitchcock… « disciple » tardif du grand romancier.

« Cache-cache est à Wilkie Collins ce que Humiliés et offensés (qui explore le même thème) est à Dostoïevski : l’oeuvre qui convient en germe toutes les folies et les fureurs des romans futurs. » Linda Lê / Le Monde

Publicités

4 réflexions sur “Une partie de cache-cache

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s