Passions criminelles aux Hauts de Hurlevent

C’est en 2013 que j’ai lu mon premier Brontë : Jane Eyre, écrit par Charlotte. Je l’avais apprécié et me suis donc ensuite tournée vers le seul roman de la sœur cadette de Charlotte, Emily, Les Hauts de Hurlevent. Ce roman est considéré comme l’une des dernières œuvres littéraires majeures du romantisme européen. Tout d’abord publié sous pseudonyme, ce roman a beaucoup choqué l’opinion publique notamment à cause de la violence de certaines scènes pour devenir, de nos jours, l’un des plus grands romans de la littérature internationale.

Pour être très honnête, je ne sais comment démarrer le résumé du livre tellement la liste des personnages est longues et leurs relations ou liens, complexes. Dans un premier temps, disons que Les Hauts de Hurlevent nous plonge dans une histoire familiale noire, envahie de malheurs, de violence, de manipulation et de décès. Donc autant le dire de suite : si vous êtes à la recherche d’une lecture joyeuse, ne choisissez pas celle-ci !

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Le lecteur va, au fil des pages, découvrir l’histoire de cette famille par le biais de Mrs Dean, femme de charge de Mr Lockwood, qui explique à ce dernier les changements qu’elle a vus dans la famille et ce qui s’est passé en détails. Lockwood est le locataire de Mr Heathcliff, l’un des personnages principaux de ce livre, celui par qui les malheurs de la famille vont arriver. Tout commence lorsque Mr Earnshaw, qui a déjà deux enfants (Hindley et Catherine) rentre d’un voyage avec un enfant abandonné, Heathcliff, âgé de six ans. Rapidement, Heathcliff rentre en conflit avec Hindley et se lie tendrement à Catherine.

Quelques années plus tard, Hindley se marie, devient père, puis veuf. Catherine, quant à elle, épouse Edgar Linton, un riche héritier, poussant un Heathcliff jaloux à la fuite. De cette union, naîtra une fille, Catherine, que l’on surnomme Cathy. L’héritière ne connaîtra jamais sa mère, morte quelques minutes après la naissance.

De retour de manière permanente dans la région, Heathcliff ne va ensuite agir que par soif de vengeance : mariage, tyrannie, entremetteur… Il va tout mettre en oeuvre pour ruiner la famille et leur faire vivre un enfer. Il manipule alors les héritiers de son frère et sa sœur d’adoption, les retient de force aux Hauts de Hurlevent, les privent d’éducation, de loisirs, de tout ce qui pourrait les rendre heureux. Son objectif est de tout faire pour faire de leur vie une misère mais sa faiblesse (son amour pour Catherine) le rattrapera bientôt.

Comme tout roman victorien, l’amour et la famille sont deux thèmes bien présents mais sont rapidement rattrapés par la vengeance et la folie. Ce qui frappe en revanche, c’est le manque de respect des conventions morales habituellement omniprésentes dans les romans victoriens. Emily Brontë, qui vivait pourtant recluse, a réussi à nous décrire les secrets des passions criminelles, à faire vivre à ses personnages un jeu destructeur et à nous plonger au cœur d’un drame familial. Certains critiques, modernes ou plus anciens, attribuent à Emily un talent bien plus grand qu’à Charlotte. La raison est que cette dernière décrivait des perversités avouables, que nous portons tous en nous, contrairement à Emily. Même si j’ai aimé Jane Eyre, certains passages me semblaient longs ; j’ai préféré l’unique roman de sa sœur, malgré sa noirceur.

La préface que l’édition que j’ai en ma possession démarre par un extrait de la Revue des Deux Mondes, écrit par Emile Montégut en 1857, qui retranscrit parfaitement ma pensée après avoir fermé Les Hauts de Hurlevent : « D’un bout à l’autre, la terreur domine, et nous assistons à une succession de scènes toutes éclairées par un reflet pareil à celui de la houille qui brûle. La sombre imagination d’Emily faut défiler devant nous, avec un calme parfait et sans se troubler un instant, des personnages et des scènes d’autant plus effroyables que la terreur qu’ils inspirent est surtout morale. Ils ne nous menacent pas d’apparitions ni d’événements merveilleux, mais de passions féroces ou d’instincts criminels. Au premier aspect, on les aborde sans crainte : ils ont l’apparence de braves paysans un peu rudes et grossiers. Mais bientôt leurs yeux hagards, ou cruels, ou railleurs, se fixent sur vous, vous fascinent et vous troublent. L’effet poétique produit est d’autant plus grand que l’auteur n’apparaît jamais derrière ses personnages. Emily raconte sobrement, brièvement : son énergique fermeté indique une âme familière avec les émotions terribles et qui se joue de la peur. »

[Lu en mai 2014]

Lu dans le cadre du Challenge Victorien 2013.

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Ce que dit la 4e de couv :

Depuis son arrivée chez les Earnshaw, qui l’ont adopté, Heathcliff, enfant abandonné, semble attirer le malheur sur la maisonnée. Hindley, l’ainé, l’a pris spontanément en grippe. Et tandis que l’orphelin s’est épris de sa sœur Catherine, celle-ci décide de quitter les Hauts de Hurlevent pour se marier, dans l’espoir qu’elle pourra soustraire le malheureux aux colères de son frère aîné…

Au comble du tourment, Heathcliff s’enfuit. Mais il reviendra accomplir sa vengeance…

L’unique roman d’Emily Brontë, publié en 1847 sous pseudonyme, se présente comme la chronique d’un amour contrarié. Au climat passionnel qui ravage ses personnages, répondent les paysages de lande balayés par les vents, emblématique de ce chef-d’oeuvre de la littérature anglaise.

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9 réflexions sur “Passions criminelles aux Hauts de Hurlevent

  1. J’adore ce livre il est génial! Surtout que dans l’édition que j’ai il décrivent dans une préface les conditions et la vie de l’auteure du coup c’est encore plus surprenant.

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