Catherine Morland et le mystère de Northanger Abbey

Découverte en 2013 avec Orgueil et préjugés, Jane Austen fait aujourd’hui partie de mes auteurs favoris. J’aime particulièrement l’humour de l’auteur, l’ironie et la légèreté qu’elle utilise pour décrire ses personnages et les situations parfois cocasses dans lesquelles ils se retrouvent. Avec son humour décalé, Jane Austen dénonce la dépendance des femmes à l’égard du mariage et son oeuvre est une critique des romans sentimentaux.

Northanger Abbey ne déroge pas à la règle. Rédigé dès 1798, il était prêt à être publié dès 1803, d’après une note d’Austen, mais ne l’a été qu’en 1817, quelques mois après son décès.

Northanger Abbey_Jane Austen_Le Rat de Libraire_2014

L’héroïne de Northanger Abbey, Catherine Morland, a 17 ans et après une enfance et une adolescence passées à jouer le garçon manqué, elle prend conscience de sa féminité et de ses atouts. Ses voisins, Mr et Mrs Allen, n’ont pas d’enfant et ont beaucoup d’affection pour Catherine. Ils l’invitent quelques semaines à Bath, ville thermale très prisée de la bonne société anglaise – que Jane Austen n’a d’ailleurs jamais appréciée. Catherine va rapidement faire la connaissance d’un jeune homme, Henry Tilney, puis plus tard, de sa sœur, Eleanor. Elle va également trouver à Bath, une nouvelle amie, Isabella Thorpe, qui lui présentera son frère, John Thorpe. A cause de sa naïveté et de sa spontanéité, Catherine va rapidement se retrouver entre deux hommes, tiraillée par l’amour et l’amitié, et le respect des convenances morale de l’époque.

Isabella est un personnage très drôle car ridicule. C’est une jeune « madame-je-sais-tout » qui n’hésite pas à donner des leçons de vie, notamment sur ce qu’il convient de faire et ne pas faire, à Catherine. En réalité, Isabella n’en sais pas plus que notre jeune héroïne naïve et rêveuse, mais les deux jeunes femmes sont très proches, en partie grâce à leur intérêt commun pour les romans gothiques.

Nourrie par ces romans gothiques, l’imagination de Catherine la poussera à agir sans réfléchir et à s’imaginer les plus folles histoires, notamment sur la famille Tilney. Le père d’Henry et d’Eleanor, le général Tilney, invite notre héroïne à séjourner dans la maison familiale, Northanger Abbey. La vieille demeure et ses trésors cachés attiseront la curiosité de Catherine et nourrira son imagination débordante. Elle se met en effet à la recherche du moindre petit indice ou recoin pour percer le mystère de Northanger Abbey et de la famille Tilney. Mais ce mystère existe-t-il en réalité ou seulement dans l’esprit de Catherine ?

L’héroïne d’Austen est attachante surtout par sa simplicité et l’absence d’arrière-pensées – contrairement à la population superficielle et calculatrice de Bath. Sa simplicité et sa naïveté la mettront souvent dans l’embarras mais sa gentillesse fait d’elle une personne très appréciée. Quant à Isabella, elle est la gourde que nous avons tous connue un jour, elle est énervante et on aurait bien envie de lui dire de fermer son clapet, mais son ridicule m’a souvent fait rire. En réalité, j’ai beaucoup ri en lisant Northanger Abbey.

Jane Austen a ce don unique de nous faire rire avec des histoires, des situations et des personnages simples, sans tomber dans le superficiel ou le roman à « fifilles ». Elle trouve les mots justes pour nous rappeler, sans faire la morale et sans donner un cours d’histoire pompeux, qu’à son époque, les femmes étaient réduites à un rôle de figuration, elles étaient les épouses, les maîtresses de maison, les mères et ne devaient se préoccuper de leur toilette et de leur éducation que pour briller en société et trouver le meilleur parti possible. Ce que j’apprécie par dessus tout dans les romans austeniens est que l’auteur se moque avec tendresse des femmes pour se moquer de la société. A aucun moment, dans les livres que j’ai lus, j’ai senti une animosité envers les hommes comme peuvent en avoir les féministes de toutes les époques. J’aime que l’on dénonce sans victimisation, ce que Jane Austen réussi parfaitement.

Conclusion : si vous aimez Jane Austen, vous allez forcément aimer Northanger Abbey. Et si vous ne connaissez pas et que vous êtes à la recherche d’une lecture drôle et attachante, procurez-vous ce livre sans tarder !

[Lu en mars 2014]

Ce que dit la 4e de couv :

Par sa gaucherie, ses rêveries naïves et son engouement pour les vieux châteaux, Catherine Morland semble loin des modèles de vertu. Mais si cette jeune Bovary délicatement british n’a rien d’une héroïne, c’est que Jane Austen s’amuse ! Et nous emporte, d’une plume malicieuse, d’un bout à l’autre du plus moderne des romans austeniens.

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