Rebus nous dévoile la face cachée d’Édimbourg

L’année 2014 ne fut ma « meilleure » année côté lectures malgré quelques coups de cœur. En revanche, j’ai fait une belle découverte : Ian Rankin. Ce nom est familier pour toutes celles et ceux qui errent régulièrement dans les librairies, les livres de Rankin sont nombreux et c’est une référence parmi les auteurs de romans policiers et d’espionnage. Je voyais donc ces livres régulièrement. Mais c’est lors d’un voyage en Ecosse, sa terre natale, que j’ai réalisé qu’il était bien plus qu’une référence : c’est une star ! Ses livres sont omniprésents dans les vitrines des librairies, en tête de gondole, sur des affiches… Il est l’auteur de romans policiers le plus lu du Royaume-Uni (source) et six de ses titres ont figuré simultanément sur la liste des 10 meilleures ventes écossaises (source).

Quelques semaines après mon voyage en Ecosse (pays que je vous recommande en passant), j’ai décidé de me lancer et mon choix s’est porté sur L’étrangleur d’Edimbourg, le premier de la série « Rebus », publié en 1987 en Angleterre et en 2004 en France. John Rebus est le personnage principal de Rankin, celui qui l’a notamment rendu si célèbre à travers le monde. Rankin a expliqué l’origine du nom de son héros : le prénom, John, fait référence à John Shaft, détective privé de fiction et d’origine américaine, et Rebus en référence au rébus que le personnage doit résoudre dans L’étrangleur d’Édimbourg. Il dira à propos de ce nom : « Je reconnais maintenant que c’est un nom stupide ». Personnellement, je ne trouve pas.

Le Rat de Librairie - L'etrangleur d'Edimbourg - Ian Rankin - 2014

C’est un inspecteur de police d’une cinquantaine d’années, divorcé et père d’une jeune fille, Samantha. Il est intelligent mais cynique et très porté sur la bouteille. Il me rappelle un peu les flics des films d’Olivier Marchal, le côté ripoux en moins : une espèce de loup solitaire, bourru mais attachant. Rebus n’aime pas l’autorité et, malgré son professionnalisme et un certain « talent », à l’air de vouloir mener ses propres enquêtes. C’est en tout cas vrai pour L’étrangleur d’Édimbourg.

La ville est secouée par une série de kidnappings et meurtres de jeunes filles qui ont entre 8 et 12 ans. La police est en alerte pour tenter d’arrêter le tueur en série et, pendant ce temps, la plupart des enfants restent enfermés chez eux. Rebus est l’un des inspecteurs réquisitionnés pour l’enquête mais va rapidement se retrouver au cœur de deux autres affaires. L’une concerne les mystérieux messages anonymes qu’il reçoit par courrier, à son travail et à son domicile, comme « IL Y A DES INDICES PARTOUT » ou encore « POUR CEUX QUI LISENT ENTRE LES SIGNES ». Un dérangé qui se démène pour être retrouvé avant que lui-même ne trouve sa prochaine victime. A moins qu’il l’ait déjà trouvée ?

La troisième et dernière enquête impliquant Rebus est celle menée par Jim Stevens, journaliste judiciaire, dont l’ambition est de faire tomber un réseau de trafiquant de drogues. Le journaliste va rapidement découvrir que le frère de Rebus, Michael, est un trafiquant notoire des beaux quartiers, ce qui explique son train de vie élevé. Stevens finit par supposer que les deux frères sont complices.

Les trois affaires simultanées, liées ou pas (je garde cette partie là pour moi), apportent de la richesse au roman et surtout, une triple dose de suspense. Il faut dire que Rankin utilise les bons ingrédients : meurtres en série (de jeunes filles qui plus est), un jeu de piste et des mots anonymes, du journalisme et du trafic de drogues. Ajoutez à cela l’ambiance mystérieuse et la vie souterraine de la ville d’Édimbourg, et vous obtenez de quoi vous faire légèrement frissonner le soir chez vous. Le livre se lit très rapidement et facilement. Le plus difficile est de saisir les nombreux jeux de mots si chers à Ian Rankin ; seule une seconde lecture pourrait me permettre de tous les déceler (ou une bonne partie en tout cas).

Au départ, Rankin avait annoncé 17 livres pour la série « Rebus » mais il y en a finalement 19. La seconde enquête de l’inspecteur Rebus est Le Fond de l’enfer, un titre que je vais ajouter à ma liste et qu’il me tarde de découvrir !

[Lu en mai 2014]

Ce que dit la 4e de couv :

John Rebus parcourait la jungle de la ville, une jungle que les touristes ne voient jamais, trop occupés à mitrailler les temples dorés du passé. Édimbourg était une ville d’apparences ; le crime n’y était pas moins présent, tout juste plus difficile à repérer. Édimbourg était schizophrène, la ville de Jekyll et Hide, bien entendu, mais aussi celle de Deacon Brodie, des manteaux de fourrure sans petite culotte, comme on disait à Glasgow. Cependant c’était une petite ville. Un avantage pour Rebus. Il traqua sa proie dans les bars à voyous, dans les lotissements où le chômage et l’héroïne tenaient lieu de blason, parce qu’il savait que quelqu’un d’aguerri saurait survivre dans cet anonymat. Jetant un coup d’œil à la ronde, il vit qu’il avait atterri au cœur du désespoir.

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