Connaître la « part de l’autre » de l’être humain

Ce soir, je vais vous parler d’un des livres les plus intéressants que j’ai pu lire : La Part de l’autre, d’Eric-Emmanuel Schmitt. Paru en 2001, La Part de l’autre renferme deux histoires : la biographie romancée d’Adolf Hitler et la biographie uchronique d’Adolf H., une réécriture de la vie d’AH, en résumé : ce qu’il serait devenu, selon Schmitt, s’il avait réussi le concours d’entrée à l’Ecole des beaux-arts de Vienne. L’auteur part d’un postulat simple : « la minute qui a changé le cours du monde est celle où l’un des membres du jury de l’Ecole des beaux-arts de Vienne prononça la phrase : « Adolf Hitler : recalé » ».

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je dois avouer qu’il est très difficile de faire un compte-rendu simple de ce livre. Le passé est lourd et cette période de l’Histoire est l’une des plus sombres, l’une des plus difficiles à aborder, à mon sens, en toute objectivité. En cela, j’admire le travail d’Eric-Emmanuel Schmitt. Montrer AH comme un homme banal est sûrement l’un des exercices les plus difficiles. Je suis entièrement d’accord avec l’auteur sur ce point mais cela me dérange aussi. Comment parler de l’un des êtres les plus abominables que cette Terre ait connu comme d’un homme, comme d’un être banal, comme vous et moi ?

La Part de l'autre-Eric-Emmanuel Schmitt-Le Rat de Librairie-2014

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Catherine Morland et le mystère de Northanger Abbey

Découverte en 2013 avec Orgueil et préjugés, Jane Austen fait aujourd’hui partie de mes auteurs favoris. J’aime particulièrement l’humour de l’auteur, l’ironie et la légèreté qu’elle utilise pour décrire ses personnages et les situations parfois cocasses dans lesquelles ils se retrouvent. Avec son humour décalé, Jane Austen dénonce la dépendance des femmes à l’égard du mariage et son oeuvre est une critique des romans sentimentaux.

Northanger Abbey ne déroge pas à la règle. Rédigé dès 1798, il était prêt à être publié dès 1803, d’après une note d’Austen, mais ne l’a été qu’en 1817, quelques mois après son décès.

Northanger Abbey_Jane Austen_Le Rat de Libraire_2014

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La boîte à outils de l’écrivain selon le King

Je profite d’une pause entre les nombreux préparatifs de Noël pour vous présenter l’un des mes récents coups de cœur : Ecriture, Mémoires d’un métier de Stephen King. A la fois essai et autobiographie, ce livre a été publié en 2000, Stephen King l’ayant démarré avant son accident de la route en 1999. La première et dernière partie du livre sont autobiographiques, la seconde est une « Boîte à outils » pour écrivains en herbe dans laquelle King livre ses conseils sur l’écriture.

Ecriture_Stephen King_Le Rat de Librairie_2014

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Les superflus au service des utiles

Les blogs littéraires sont remplis de belles surprises et de belles découvertes. Ma dernière en date est L’Unité de Ninni Holmqvist, auteure suédoise, un roman que j’ai eu envie de découvrir grâce à la chronique de La tête dans les livres. Publié en 2006, L’Unité est une dystopie comme 1984 d’Orwell qui est l’une des références du genre. Holmqvist nour plonge dans une société à la recherche de productivité et de croissance. La solution ? Séparer le peuple en deux catégories : les « utiles » et les « superflus ». L’héroïne du livre, Dorrit, rentre dans la seconde catégorie : elle a 50 ans, est célibataire et sans enfant, elle n’est pas utile à la société.

Lorsqu’ils atteignent les 50 ans, tous les superflus disparaissent littéralement et sont transférés à l’Unité où plus rien ne leur appartient, même pas leur corps, et où ils se rendront utiles d’une autre manière. L’Unité est un complexe contenant appartements, salles de sport, boutiques, bref tout pour permettre aux « superflus » de vivre en paix, le tout complètement isolé et hermétique (il n’y a aucune ouverture vers le monde extérieur). Si j’ai mentionné 1984 en début de chronique, c’est parce que les deux livres n’ont pas seulement le genre en commun. En effet, dans L’Unité, même s’il n’est jamais question d’un Big Brother, les « superflus » sont surveillés jours et nuits au moyen de caméras. On oublie cet aspect-là au fil de la lecture mais les premières références aux caméras font peur : non seulement, les personnes se savent inutiles et sont rejetées, mais en plus elles sont surveillées. Ce huis-clos cynique avec une pointe de Big Brother est oppressant mais captivant.

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La dernière leçon

Comment vivre ? Cette question, l’auteur la pose tout au long de ce livre. Comment vivre autrement qu’en somnambule, ou dans une course angoissée à la poursuite d’objectifs décevants ? Comment vivre plus pleinement ? Comment apprécier la vie ? Comment tout simplement être plus heureux dans le monde d’aujourd’hui ?

Après Oscar et la Dame rose, restons dans les thèmes universels que sont la vie et la mort avec La Dernière Leçon de Mitch Albom (la différence avec Oscar est que La Dernière Leçon est une histoire vraie). L’auteur est américain et journaliste sportif connu aux Etats-Unis pour la presse, la radio et la télévision. Il est né en 1960 à Philadelphie et son livre, La Dernière Leçon, a été publié en 1998. Dans ce livre, Mitch retranscrit ses conversations avec Morrie Schwartz, son ancien professeur d’université atteint d’une maladie mortelle. Un recueil qui sera le dernier cours du professeur à son élève.

Le Rat de Librairie - La Dernière Leçon - Mitch Albom - 2014

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Vivre comme si chaque jour comptait pour 10 ans

« Cher Dieu,

Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause des mes études, je n’avais pas le temps.

Je te préviens tout de suite : j’ai horreur d’écrire. Faut vraiment que je sois obligé. Parce qu’écrire c’est guirlande, pompon, risette, ruban, et cetera. Ecrire, c’est rien qu’un mensonge qui enjolive. Un truc d’adulte.

La preuve ? Tiens, prends le début de ma lettre : « Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause de mes études, j’avais pas le temps », j’aurais pu aussi bien mettre : « On m’appelle Crâne d’Oeuf, j’ai l’air d’avoir sept ans, je vis à l’hôpital à cause de mon cancer et je ne t’ai jamais adressé la parole parce que je crois même pas que tu existes. »

Seulement si j’écris ça, ça la fout mal, tu vas moins t’intéresser à moi. Or j’ai besoin que tu t’intéresses. »

Me voilà de retour après un mois d’absence… Aujourd’hui, je vais vous parler d’un petit livre émouvant que j’ai lu en début d’année : Oscar et la Dame rose, d’Eric-Emmanuel Schmitt. Petit livre car il fait un peu moins de 100 pages. Publié en 2002, il est la troisième partie du Cycle de l’Invisible composé de six récits qui traitent des religions.

Oscar et la Dame rose est une histoire émouvante, touchante et drôle à la fois. J’avais vu le film sorti en 2009 avec Michèle Laroque et il m’avait bouleversée. Pour la première fois, j’aime autant le livre que l’adaptation. C’est suffisamment rare pour le souligner !

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Le combattant de la liberté

La nouvelle de la mort de Nelson Mandela en décembre a ému le monde entier. Tous les esprits se sont tournées vers l’Afrique du Sud, l’histoire du pays et de l’homme qui s’est battu, aux côtés de tant d’autres, pour libérer le peuple sud-africain. J’ai toujours voulu lire l’autobiographie de Mandela, celle qui a donné naissance au film sorti en fin d’année dernière, et l’actualité m’a poussée à le faire.

Au départ, j’avais peur de ne pas tout saisir. Les autobiographies et biographies de personnages politiques sont généralement complexes, encore plus lorsqu’elles concernent des pays que l’on connaît moins. Mais Nelson Mandela n’est pas un homme politique comme les autres. Il était avant tout un homme du peuple, un homme comme tout le monde, et il est resté un homme simple jusqu’au bout, malgré un destin hors du commun. Il n’a absolument rien à voir avec nos hommes politiques français même s’il est difficile de comparer : pas besoin de préciser les différences, l’histoire et la situation de notre pays n’a tout de même rien à voir avec celle de l’Afrique du Sud de l’avant Mandela.

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De sang-froid

Dans la vie d’un lecteur, il y a toujours des livres qui nous marquent à jamais. Le célèbre In Cold Blood (De sang-froid) de Truman Capote rentre directement dans cette catégorie, pour trois raisons : la terrible histoire (vraie) qu’il raconte, le travail de l’auteur et le livre en tant qu’objet. In Cold Blood était dans ma liste de livres à lire absolument et il m’a été offert par Monsieur pour mon anniversaire il y a quelques mois. Mais ce n’est pas un simple livre de poche ou broché comme on en trouve un peu partout : c’est un Folio Society, mon premier !

Folio Society est une société d’édition londonienne privée et fondée en 1947. Leur catalogue est riche (romans classiques, livres pour enfants, science-fiction, livres d’histoire…) mais la particularité est le soin qu’ils apportent à chaque édition. Tous les livres sont vendus ou livrés dans un coffret, contiennent des illustrations spécialement créées pour Folio Society et les matériaux utilisés sont de très grande qualité. L’expérience de lecture est donc différente et tellement appréciable ! Bien sûr, comme c’est une société britannique, tous les livres sont en anglais… cela demande donc un certain effort et beaucoup de concentration ! Avec In Cold Blood, j’ai eu un peu de mal au départ car l’histoire se déroule au Kansas et l’auteur utilise beaucoup de mots et expressions de l’Amérique profonde. Mais la compréhension s’améliore au fil des pages.

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Le mystère de la dame en blanc…

Il y a des livres qui vous laissent indifférent, d’autres non, mais il y a surtout des livres qui vous marquent, que vous n’oublierez jamais et que vous relirez probablement encore et encore. La Dame en blanc de William Wilkie Collins rentre dans cette dernière catégorie. La taille du livre (plus de 660 pages) ne pas découragée car en lisant la quatrième de couverture, je savais qu’il allait me plaire.

Je dois cette découverte au Challenge Victorien 2013 car William Wilkie Collins est une référence de la littérature victorienne et un précurseur du roman policier et du roman à suspense. Et c’est en lisant La Dame en blanc que j’ai compris pourquoi Collins était une référence…

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Lectures de l’été #5 – Dans la rue où vit celle que j’aime, M. H. Clark

« Ceux qui croient en la réincarnation pensent que les souffrances endurées dans d’autres vies peuvent affecter notre existence présente. Mais le mal ? Quelqu’un pourrait-il, sciemment ou non, répéter exactement les actes monstrueux qu’il a commis plus d’un siècle auparavant ? »

Dans la rue où vit celle que j’aime est le deuxième Mary Higgins Clark de mes vacances. J’avais déjà lu ce titre il y a plus de 10 ans mais beaucoup de détails et surtout la fin s’étaient envolés de ma mémoire. Cette lecture était donc une surprise au niveau de l’histoire et de l’enquête mais pas au niveau de l’atmosphère.

Emily Graham est une jeune avocate qui a toujours eu envie d’acquérir la maison de ces ancêtres à Spring Lake, petite bourgade où les riches new-yorkais achètent des anciennes demeures victoriennes. C’est ici que vivait Madeline, jeune femme assassinée il y a plus d’un siècle. Grâce à une belle opération financière, Emily devient une heureuse propriétaire et se voit déjà passer quelques semaines de tranquillité à Spring Lake avant de prendre son nouveau poste dans un cabinet d’avocats à New-York. Erreur.

Le Rat de Librairie_Dans la rue où vit celle que j'aime_Mary Higgins Clark_2013

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