Connaître la « part de l’autre » de l’être humain

Ce soir, je vais vous parler d’un des livres les plus intéressants que j’ai pu lire : La Part de l’autre, d’Eric-Emmanuel Schmitt. Paru en 2001, La Part de l’autre renferme deux histoires : la biographie romancée d’Adolf Hitler et la biographie uchronique d’Adolf H., une réécriture de la vie d’AH, en résumé : ce qu’il serait devenu, selon Schmitt, s’il avait réussi le concours d’entrée à l’Ecole des beaux-arts de Vienne. L’auteur part d’un postulat simple : « la minute qui a changé le cours du monde est celle où l’un des membres du jury de l’Ecole des beaux-arts de Vienne prononça la phrase : « Adolf Hitler : recalé » ».

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je dois avouer qu’il est très difficile de faire un compte-rendu simple de ce livre. Le passé est lourd et cette période de l’Histoire est l’une des plus sombres, l’une des plus difficiles à aborder, à mon sens, en toute objectivité. En cela, j’admire le travail d’Eric-Emmanuel Schmitt. Montrer AH comme un homme banal est sûrement l’un des exercices les plus difficiles. Je suis entièrement d’accord avec l’auteur sur ce point mais cela me dérange aussi. Comment parler de l’un des êtres les plus abominables que cette Terre ait connu comme d’un homme, comme d’un être banal, comme vous et moi ?

La Part de l'autre-Eric-Emmanuel Schmitt-Le Rat de Librairie-2014

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Vivre comme si chaque jour comptait pour 10 ans

« Cher Dieu,

Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause des mes études, je n’avais pas le temps.

Je te préviens tout de suite : j’ai horreur d’écrire. Faut vraiment que je sois obligé. Parce qu’écrire c’est guirlande, pompon, risette, ruban, et cetera. Ecrire, c’est rien qu’un mensonge qui enjolive. Un truc d’adulte.

La preuve ? Tiens, prends le début de ma lettre : « Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause de mes études, j’avais pas le temps », j’aurais pu aussi bien mettre : « On m’appelle Crâne d’Oeuf, j’ai l’air d’avoir sept ans, je vis à l’hôpital à cause de mon cancer et je ne t’ai jamais adressé la parole parce que je crois même pas que tu existes. »

Seulement si j’écris ça, ça la fout mal, tu vas moins t’intéresser à moi. Or j’ai besoin que tu t’intéresses. »

Me voilà de retour après un mois d’absence… Aujourd’hui, je vais vous parler d’un petit livre émouvant que j’ai lu en début d’année : Oscar et la Dame rose, d’Eric-Emmanuel Schmitt. Petit livre car il fait un peu moins de 100 pages. Publié en 2002, il est la troisième partie du Cycle de l’Invisible composé de six récits qui traitent des religions.

Oscar et la Dame rose est une histoire émouvante, touchante et drôle à la fois. J’avais vu le film sorti en 2009 avec Michèle Laroque et il m’avait bouleversée. Pour la première fois, j’aime autant le livre que l’adaptation. C’est suffisamment rare pour le souligner !

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Retrouver le bonheur sous les tilleuls

La deuxième saga familiale que j’ai lue après Quand la lumière décline ne se déroule pas très loin de l’Allemagne : en Alsace. Jean Egen, écrivain et journaliste français, né à Lautenbach, en Alsace, a connu le succès avec Les tilleuls de Lautenbach, une autobiographie dans laquelle il nous raconte la vie et le destin de sa famille, dans une région qui n’est plus allemande, mais qui n’est pas tout à fait française non plus.

L’histoire commence en 1931 par un repas de funérailles, celui de la grand-mère de Jean, véritable figure de la famille. Malgré le deuil, l’heure est à la fête, tout le monde rit, mange, boit… Car c’est aussi cela l’esprit alsacien décrit par Jean Egen : la bonne humeur, les bonheurs simples et le coeur chaud.

Le Rat de Librairie - Les tilleuls de Lautenbach - Jean Egen - 2013

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Amélie Nothomb tue le père

Qui dit rentrée littéraire, dit Amélie Nothomb. Sauf que je n’ai pas lu son dernier roman mais celui qu’elle a publié il y a deux ans : Tuer le père. Ce livre fut l’occasion de renouer avec Nothomb que j’appréciais tellement lorsque j’étais adolescente. Hygiène de l’assassin a été l’un de mes premiers coups de coeur littéraires suivi de belles découvertes : Péplum, Métaphysique des tubes, Attentat, Les Combustibles, Cosmétique de l’ennemi… Mais, depuis presque 10 ans, je me suis un peu désintéressée. Est-ce l’effet « rentrée littéraire » et les traditionnelles tournées promotionnelles ? Peut-être. J’ai aimé ses livres mais je n’ai jamais vraiment accroché avec sa personnalité (la voir partout m’a donc probablement éloignée).

Certaines années, ma mère m’offrait le dernier Nothomb. Des livres que j’ai mis de côté en me disant « on verra plus tard ». Et ce plus tard est arrivé il y a quelques semaines pour Tuer le père. Retrouvailles.

Le Rat de Librairie_Tuer le père_Amélie Nothomb_2013

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Demain j’arrête… ou pas !

Et vous, quel est le truc le plus idiot que vous ayez fait de votre vie ?

C’est officiel, je fais partie des milliers de lecteurs qui ont dévoré Demain j’arrête ! de Gilles Legardinier. A force de le voir partout, je commençais à me dire que ce livre ne finirait pas dans ma bibliothèque. Je sais que c’est étrange mais les promotions intensives et têtes de gondole ne me font que très rarement craquer (c’est aussi valable pour certains films). Mais c’était sans compter sur l’une de mes copines qui un jour, m’a prêté le grand succès de l’été.

Quelques jours après, je me décide enfin à ouvrir ce livre sur lequel trône un chat coiffé d’un bonnet péruvien… et c’est sans regret !

Le Rat de Librairie_Demain j'arrête_Gilles Legardinier_2013

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Ne brise pas la mécanique de ton coeur

« Premièrement, ne touche pas à tes aiguilles. Deuxièmement, maîtrise ta colère. Troisièmement, ne te laisse jamais, au grand jamais, tomber amoureux. Car alors pour toujours à l’horloge de ton coeur la grande aiguille des heures transpercera ta peau, tes os imploseront, et la mécanique du coeur sera brisée de nouveau. »

Voici ce que dit l’ardoise accrochée au-dessus du lit de Jack, héros du roman de La Mécanique du coeur de Mathias Malzieu, le chanteur du groupe Dionysos. Né le jour le plus froid du monde, le petit Jack est sauvé par l’étrange « Docteur » Madeleine qui vit au sommet de la plus haute colline d’Edimbourg, Arthur’s Seat. Comment ? En remplaçant son coeur par une horloge. Grâce à cela, Jack va pouvoir vivre mais les aiguilles de son coeur vont être mises à rude épreuve : il doit éviter toute émotion et surtout l’amour.

Jpeg

Dévoré en trois jours seulement, ce roman est mon deuxième Mathias Malzieu après Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, lu il y a quelques années. Cette deuxième lecture confirme le talent de Mathias Malzieu et la qualité de son écriture.

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« Le pire dans la honte, c’est qu’on croit être seul à la ressentir »

La honte, « sentiment pénible provoqué par une faute commise, par une humiliation, par la crainte du déshonneur ». La honte est aussi le titre du 9e livre d’Annie Ernaux, oeuvre autobiographique dans laquelle elle raconte l’année 1952 et la honte que peut ressentir une jeune fille de 12 ans.

Annie Ernaux a passé son enfance à Yvetot, en Normandie, dans un milieu social modeste. Son oeuvre, principalement autobiographique, décrit la classe ouvrière à laquelle appartenait ses parents et leur ascension sociale. A la manière d’un sociologue, Annie Ernaux raconte un vécu nourri de références collectives. Le « je » est donc très impersonnel et cela est très visible dans La honte.

Jpeg

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La spirale infernale du mensonge

Ce n’est pas tellement mon genre d’abandonner un livre en cours de route, mais De l’Allemagne de Madame Staël n’est pas très divertissant et en ce moment, j’ai justement besoin de me divertir. Alors je le laisse de côté pour le moment et contrairement à ce que j’ai dit dans mon dernier post, je n’ai pas choisi de lire Orgueil et préjugés de Jane Austen mais Spirales de Tatiana de Rosnay. La littérature et les histoires contemporaines sont parfaites pour s’évader un peu et profiter d’une lecture fluide et agréable.

Spirales, mon premier Tatiana de Rosnay, ne déroge pas à la règle et m’a offert trois jours de suspense et de plaisir.

Spirales

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Plongeon dans le Paris du XVIIIe avec Nicolas Le Floch

Mon dernier voyage littéraire m’a ouvert les portes du Paris du XVIIIe siècle. Nous sommes en 1761, mon guide s’appelle Nicolas Le Floch, né en Bretagne et fraîchement débarqué à Paris pour devenir le secrétaire du commissaire Lardin sous l’autorité de M. de Sartine, chef des affaires secrètes de Louis XV. Le décor est planté, c’est ici que démarre la première enquête de Nicolas Le Floch, L’énigme des Blancs-Manteaux, de Jean-François Parot.

L'énigme des Blancs-Manteaux

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